Parfois nous nous sentons vraiment mal à l’aise. Comme si ce n’était pas possible que nous soyons là, à cette place.

Comme si nous étions une imposture.

Un genre de doublure appelée à la dernière minute pour faire un remplacement mais sans connaitre le texte, l’équipe, le cadre, bref a priori sans filet…

La flippe totale. Le stress maxi. Le mental cavale, le corps s’emballe :

Qu’est-ce que je fous là ?
Mais pourquoi moi ?
Suis-je assez calé(e), diplômé(e), qualifié(e) ?
Je ne vais pas y arriver…
Ils vont me démasquer c’est certain !
Purée j’ai mal au ventre…
Etc.

Alors nous compensons encore et encore ce trou de légitimité qui ne se comble pas.

Nous enchainons les formations, nous cumulons les diplômes, les compétences, les bouts de papier officiels qui eux, certifient que OUI nous sommes bien légitimes. (ouf !)
Mais ça ne suffit pas…

Nous redoublons d’effort, pour travailler, pour y arriver, pour produire, agir, réfléchir,… !
Mais nous nous épuisons et doutons toujours.

Nous nous trimbalons notre malaise et nous faisons « semblant de », nous jouons un rôle pour « assurer » face aux Autres…
Mais nous creusons encore et encore notre sentiment d’illégitimité…

Alors que faire pour arrêter cette course infernale ?
Que faire pour enfin prendre sa place sereinement ?
Que faire pour se sentir enfin légitime ?

Je vous propose quelques pistes ci-dessous :

1/ S’appuyer sur ses points forts

Ça peut paraitre bateau mais cette technique marche.

Dans un moment calme avec vous-même, prenez un papier, un crayon et lister vos points forts.
Cela peut être des compétences professionnelles, des qualités, des talents, des réalisations, des petites choses que vous savez bien faire et qui ne vous coûte pas d’énergie.

Par exemple :

Je maitrise totalement les tableaux croisés dans Excel.
Je réalise une charlotte aux fraises à tomber par terre.
Je trouve toujours des idées motivantes pour occuper mes enfants.
Je me défends plutôt bien en photographie.
Je répare tout ou presque.
Je sais écouter mes amis lorsqu’ils ont un coup de mou.
Je suis calée en histoire de l’art.

Vous pouvez aussi demander à votre entourage proche de vous aider à constituer cette liste. Car ceux qui ont choisi de vous côtoyer ou de vivre avec vous, en tirent certainement du plaisir et de la joie. Voyez avec eux où cela se situe 🙂

Ensuite affichez cette liste quelque part. Sur votre miroir de salle de bain, sur votre frigo, dans vos toilettes… et jetez-y un œil chaque jour ! Vous allez voir vous allez finir par y croire 😉

2/ Collecter les compliments que vous recevez

Autre technique pour booster son estime : collectionner les compliments, les petits mots gentils, les « feedbacks » positifs que vous recevez des Autres.

Tout est valable : votre bonne mine ce matin, votre super boulot sur le dossier Duchemol, votre façon d’avoir toujours le mot juste, votre nouveau pull, l’excellente question que vous avez posée (en off à l’oreille de votre collègue), votre loyauté sans faille, votre constance,…

En cas de doute, lisez cette collection de positif et relisez-la encore ! Elle vous boostera 🙂

Et s’il vous plait lorsque l’on vous fait un compliment, ne minimisez pas. (Et relisez mon article ici !).

3/ Faire des jeux de rôles

De temps en temps, mettez-vous à la place des Autres, histoire de percevoir ce qu’ils peuvent ressentir eux-aussi.

Votre boss semble au taquet mais croyez-vous qu’il/elle n’a jamais aucun doute ? Ce matin en réunion, il/elle s’est donné(e) comme objectif de faire passer à toute votre équipe, ce message un peu délicat. Ne croyez-vous pas qu’il/elle y a repensé devant son miroir de salle de bain ? Qu’il/elle a choisi la formulation, les mots ? Qu’il/elle a douté mais finalement osé ?

Si.

Et cette nana très sûre d’elle-là qui marche comme Inès de la Fressange. Vous croyez qu’elle ne doute jamais de rien ?

Ben si.

Les Humains ne sont pas des robots. Ils ont leur zone de confort (ce qu’ils maitrisent) et le reste, ces zones d’inconfort où la sécurité est moins présente…

C’est normal. C’est la vie. C’est ça, vivre quand on est un humain 😉

4/ Baisser la barre d’exigences

Quand nous nous sentons illégitime, nous faisons tout pour que personne ne remarque notre manque de compétences. Et le pire dans l’affaire, c’est que nous avons tout en main, nous en avons des tas des compétences mais nous n’y croyons pas.  Nous nous condamnons.

Cela entraine une course effrénée à la compensation et ainsi une forte pression… qui ne redescend jamais. Faire plus, mieux, tout le temps. Être une super héroïne ou un super héros 24h/24h. Ne jamais lâcher l’affaire !  (au risque d’être repéré(e) !).

Le fameux syndrome de la bonne élève ! (auquel j’ai consacré un article ici).

Et si on se lâchait les baskets un peu ? Et si nous regardions les choses autrement ? C’est-à-dire en positif. Notre tendance au perfectionnisme fait que de toute façon nous sommes incapables de ne pas bien faire les choses. D’ailleurs, les Autres nous le disent (mais nous n’entendons pas…) et nous complimentent sur notre énergie et notre engagement.

Alors au lieu d’être à 150% en permanence, mettons la barre à 90% ! C’est déjà très bien et suffisant.

Vous n’avez pas relu pour la 14ème fois cet écrit ? Pas grave vous l’avez relu 13 fois déjà. Ça va non ?!
Vous n’avez pas eu le temps de faire vos courses, votre ménage, vos papiers le week-end dernier ? Pas grave, ce n’est pas la fin du monde. Vous verrez ça demain ou plus tard.
Vous n’avez pas envie de rappeler votre copine, votre mère, votre oncle, votre voisine ce soir ? Ecoutez-vous. Vous avez le droit de ne pas avoir envie de parler. Différez… Pensez à vous (aussi parfois) quelques heures au moins.

5/ Méditer & réfléchir à son cas

Oui, il peut être intéressant de se poser chez soi ou chez un psy ou chez un(e) sophrothérapeute (j’dis ça, j’dis rien), pour explorer ce sentiment d’illégitimité d’un peu plus près.

D’où vient-il ? Est-il récent ? Fait-il suite à un évènement particulier ou est-il là depuis toujours ? Dans ce dernier cas, enfant : a-t-on manqué de compliments ? D’encouragement ? Fallait-il être parfait pour plaire à nos parents ? Fallait-il 20 sur 20 quand nous avions 18 ?
L’idée n’est pas de jeter la pierre à qui que ce soit. Nos parents eux-aussi ont fait comme ils ont pu avec ce qu’ils ont reçu (ou pas)… Mais il s’agit juste d’avoir conscience de la stratégie mise en place malgré soi. La plupart du temps par amour, par « survie », par nécessité, par adaptation…

Don’t act. Ce qui est fait est fait. Pardonnez-vous, pardonnez à votre entourage et avancez ! Votre enfant intérieur doit autoriser votre adulte à faire autrement 🙂 Ce n’est pas une trahison c’est « juste » votre vie d’aujourd’hui.

6/ Osez

Nous parlions de zone de confort il y a quelques lignes… Souvent nous craignons ce que nous ne connaissons pas. Du fait de notre sentiment d’illégitimité, nous nous centrons sur ce que nous maitrisons pour ne pas nous fragiliser davantage.

Erreur stratégique 😉 Car pour renforcer notre confiance, notre estime, il est nécessaire de faire des petites expériences hors de notre zone de confort.

Pourquoi ? Parce qu’ainsi nous pouvons constater que notre appréhension a été beaucoup plus forte que notre vécu réel.

Peu à peu, nous ouvrons les espaces car nous intégrons que nous pouvons le faire… finalement.

(J’en parle ici aussi).

7/ S’écouter et prendre soin de soi

Celles et ceux qui me lisent régulièrement se disent peut-être « S’écouter et prendre soin de soi » : encore ???

Et oui encore car c’est là que réside la clé.

Plus nous apprenons à nous mettre à notre écoute, plus nous entendons nos besoins.
Plus nous entendons nos besoins, plus nous pouvons trouver la réponse adaptée à ceux-ci.

Tendre l’oreille vers soi, vers son mental, vers son corps, c’est s’autoriser à être et à vivre.

Il serait temps non ?

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