Mes clientes me demandent régulièrement ce que je pense des antidépresseurs ou des anxiolytiques. C’est pourquoi, j’ai décidé aujourd’hui d’en faire un article.

Ce que je constate

Un certain nombre de mes clientes sont suivies par un médecin soit en amont de ma rencontre avec elles, soit pendant leur accompagnement.

Parfois, leur médecin leur prescrit des antidépresseurs ou des anxiolytiques. Si certaines les prennent de façon fluide, d’autres refusent de commencer ce genre de traitement.

Elles ont peur. Elles me le disent. Ce type de médicaments leur fait peur. Ces pilules renvoient à quelque chose de négatif.

« Peur de la dépendance et de ne plus pouvoir s’arrêter, 
Peur de l’image que cela renvoie d’elles,
Sensation que prendre ces médicaments, c’est « changer de catégorie dans le mal-être », 
Peur d’être assommée, sédatée ou de devenir folle »… 

Bref, elles laissent l’ordonnance dormir au fond de leur sac et quand je les retrouve, elles me posent la question : « Mon médecin m’a prescrit des anxiolytiques / antidépresseurs mais je ne veux pas les prendre. Qu’en pensez-vous ?« .

Evidemment, je n’ai pas à donner mon avis. Je ne suis ni médecin ni psychiatre.

Je peux juste faire part de mon expérience en tant que thérapeute et de la complémentarité que les soins allopathiques peuvent avoir avec des approches dites « douces ».

Ce qu’il se passe souvent

Il arrive régulièrement qu’après une semaine ou plus de réticence à prendre le dit traitement, elles décident finalement de tester, à bout de force, fatiguées, lasses de tout. Et là, miracle, en 48 à 72h, elles se sentent mieux. Elles ne savent pas toujours décrire ce « mieux » mais leur quotidien leur semble moins lourd et pénible. Le temps de régler le dosage parfait pour elles, elles retrouvent un peu leur sourire et leur joie de vivre.

Leurs peurs concernant le traitement sont toujours là mais quelque chose s’est relâché. Comme une sorte d’acceptation de leur mal-être et surtout de son intensité…

Ce que je pense

Ce que je pense avant tout, c’est que chacun est libre de faire ce qui lui convient. Oui cela peut passer par des refus, des peurs, des résistances, des questionnements. C’est OK. En tant que thérapeute, c’est ce cheminement-là que j’accompagne. Pas le choix de prendre ou non des traitements médicamenteux.

Ensuite, je constate qu’effectivement, bien prescrit et bien pris, c’est à dire en conscience, sur plusieurs mois, dans l’optique que cela reste un passage, le confort émotionnel s’améliore. Et cela fait du bien d’avoir un peu de répit quand on se sent mal.

Pour moi, l’observance de ces traitements est étroitement liée à l’acceptation de son propre état. Les clientes auxquelles je pense à propos de ces médicaments « tombent véritablement de l’armoire » face à ce qu’il leur arrive : burn-out brutal, dépression, rupture,… Elles traversent souvent une première période dans laquelle elles sont comme en état de choc, sidérées de leur état. Et parfois, une partie de leur être ne veut pas de cet état.

Impossible que j’en sois là. Ce n’est pas moi. Qu’est-ce qu’il s’est passé pour que j’en sois là ? 

Avec le temps, la conscience se développe et l’accueil de leur mal-être peut se faire. C’est à partir de là, il me semble, que les traitements médicamenteux peuvent trouver leur juste place – si la personne le souhaite évidemment.

C’est à dire : quand ces clientes accueillent leur vulnérabilité non pas comme une faiblesse honteuse mais comme une réalité avec laquelle elles décident de faire. Quand ces clientes accueillent leur vulnérabilité, non pas comme un défaut mais comme un droit de craquer, un droit de lâcher-prise sur ce qu’elles ne peuvent plus « gérer » et sur ce qui leur fait si mal.

Quelque soit leur choix par rapport à la prise du traitement prescrit, le principe reste le même « de ma place ». Plus on accueille ce que l’on ressent et mieux on peut le dépasser.

Ensuite, c’est une question de méthode. On peut apprendre à prendre soin de soi, seul(e) et/ ou avec l’aide d’un(e) professionnel(le). On peut prendre un traitement antidépresseur et/ou commencer la méditation. On peut se remettre au sport et/ou consulter un(e) psychologue.

Peu importe. Chacun peut trouver ce qui lui fait du bien. Et c’est là, qu’est le vrai sujet selon moi. Trouver ce qui nous fait réellement du bien.

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