Il y a des jours où nous revêtons notre masque de « Je vais bien tout va bien ! » pour faire bonne figure…  Ça vous parle ? Et parfois, c’est tous les jours, tout au long de l’année, pendant plusieurs années…

Faire bonne figure : « se montrer sous son meilleur jour, paraître de bonne humeur en public, même si on ne va pas très bien ».

Faire bonne figure n’est pas du registre de l’auto-motivation ou de la méthode Coué, genre « Allez go, tout va bien, je souris à la vie même s’il pleut dehors et que je me sens fatigué » !
Non.

Faire bonne figure signifie être littéralement coupé en deux : jouer un personnage social adapté qui au fond est brisé, inquiet, endolori, angoissé, proche du chaos interne… Il n’y a qu’à lire les forums :

« Depuis 4 ans, je fais semblant. Impossible de dire que ça va mal. J’ai toujours le sourire d’ailleurs… ».
« Ma mère me pose régulièrement la question “ça va?”, et moi je réponds machinalement “bah oui” ».
« Je fais comme si tout allait bien mais je sens si mal »…

Pourquoi faire bonne figure ?

Faire bonne figure répond à un besoin. Cela n’a rien à voir avec de l’hypocrisie ou de la malhonnêteté. Faire comme si tout allait bien c’est essayer de se convaincre que tout va bien ou que tout va s’arranger. C’est mettre à distance une problématique de peur qu’elle explose trop violemment. C’est différer, c’est prendre le temps, c’est temporiser pour ne pas s’écrouler totalement.

Qui protège-t-on lorsque nous faisons bonne figure ?

Trop douloureux d’accepter cette rupture ? Trop triste de vivre ce deuil ? Trop inquiétant d’aller enfin chez le médecin ?… Nous nous protégeons de nous-même : pour s’éviter de sentir la réalité de ce qu’il se passe et pour ne pas avoir à l’affronter.

Et nous protégeons les Autres : proches, entourage, familles, amis… Ne pas lâcher, ne pas dire, ne pas tomber pour ne pas prendre le risque : d’être jugé, d’être incompris, d’être vulnérable, d’être moins aimé, d’être quitté, d’être rejeté, d’être seul,…

Bonne idée

Faire bonne figure aide sans doute à gérer une première période de déni (lire aussi cet article). Le déni, ce processus utile qui aide, qui protège et qui permet de supporter l’insupportable.

Jusqu’au jour où…

Au bout d’un moment, plus ou moins long selon les sensibilités, les parcours, les expériences, il devient insupportable de faire bonne figure. La nécessité de craquer apparait plus forte que tout. Bas les masques ! La douleur, la tristesse, le vide, la peur, la souffrance, la solitude, l’abandon,… sont alors autorisés à s’exprimer.

Sentir et enfin lâcher prise pour retrouver le chemin de l’authenticité de soi et de ses émotions. Ressentir et laisser sortir la vérité de soi pour réunir son être psycho corporel, pour réconcilier son corps et son mental. Accueillir pour accepter. Accueillir sans ou avec de l’aide ce qui envahit tout…

Accepter pour être soi, devenir ou redevenir soi. Arrêter de faire bonne figure pour être dans sa vie et non à côté ; même si au présent, cette vie fait mal, terriblement mal. Arrêter de faire bonne figure pour s’aimer, prendre soin de soi, réellement. Accepter l’ici et le maintenant pour avancer vers plus de lumière, de positif et de joie…

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