Certains jours sont propices à filer à l’anglaise, à disparaitre.

A tout plaquer.

A se tirer, à se barrer, à fuir.

Certains jours sont plus lourds que d’autres et l’appel du large est plus vif.

Nous avons envie de partir, de tout quitter, de changer de crèmerie.

Pour ne plus subir, pour ne plus souffrir. Pour éviter.

Et se donner la chance de faire autrement ailleurs pour sans doute, être plus heureux, plus joyeux, plus léger

 

Bonne ou mauvaise idée ?

Tout dépend.

Tout dépend de soi.

En 2006, je suis partie cinq semaines en Inde du Sud. Fin 2005, j’avais “négocié un licenciement” avec la boite dans laquelle je travaillais depuis cinq ans. Je venais de faire un bilan de compétences qui mettait en lumière mon envie d’accompagner, d’aider les Autres, je voulais reprendre des études pour compléter mon parcours.
Alors en 2006, j’ai effectivement repris des études, j’ai vécu de ma prime de licenciement (chaud mais jouable) et durant l’été, je me suis offert un voyage en Inde. En tant que volontaire au sein d’une ONG française, travaillant avec des ONG indiennes. Je ne me voyais pas aller en Inde en touriste. Je voulais faire quelque chose bénévolement.

Nous avions pour mission d’aller chercher des enfants chez eux le matin pour les inviter à aller à l’école. Les familles habitaient un bidonville de Madras (Chennai) et ces enfants étaient plutôt voués à travailler dans les aciéries par exemple, que d’aller à l’école.
Alors nous passions une à deux heures à aller taper aux portes, à échanger avec les parents, à accepter un chai. Les habitats étaient très modestes. Une chaise ou deux, une natte en guise de lit, un feu de bois et l’eau dans une citerne géante, au bout de la rue. Et l’école était une terrasse couverte d’un toit de paille. Sans table, sans chaise.

J’étais partie en Inde du Sud, persuadée que j’allais enfin trouver là-bas une forme de spiritualité. Que l’Inde “m’appelait”. Que là-bas j’aurais les idées claires et le cœur léger.

Bon j’exagère peut-être un peu mais ce départ était très important. A tout point de vue. Humainement, professionnellement, amoureusement. Une sorte d’expérience “coup pied au cul” pour m’aider à concrétiser ce que je voulais faire de ma vie et par la même occasion, m’offrir le moyen de fuir une rupture qui se profilait à grands pas mais dont l’idée même me déchirait les tripes…

Je suis partie le cœur lourd et inquiet. Mais je suis partie pleine d’espoir.

Ai-je trouvé ce que je cherchais ?

Non, mais (il y a toujours un mais…) :

Le premier constat que j’ai fait, c’est que même si nous parcourons des milliers de kilomètres, nous sommes nous ici mais aussi là-bas, à l’autre bout du monde. Notre corps est le même. Nos émotions et nos pensées sont les mêmes. Nos préoccupations sont les mêmes. Tout ça part avec nous. Même si on aimerait le laisser… Même si nous avons l’illusion que nous allons pouvoir le laisser.

Le deuxième constat que j’ai fait, c’est que ce que je pensais trouver à l’extérieur (en Inde), je l’ai finalement trouvé à l’intérieur de moi. Par les rencontres merveilleuses que j’ai faites, par les galères que j’ai vécues, par les chocs ou les émotions que j’ai ressentis, par les moments de grâce que j’ai eu la chance de vivre… Je me suis vue fonctionner ailleurs et j’ai appris de moi-même.

Le troisième constat que j’ai fait, c’est que la distance ou plutôt la prise de distance m’a fait du bien. Je suis partie avec moi et mes préoccupations, émotions, pensées, c’est vrai. Mais le fait de changer de lieu, de changer radicalement de rythme, de culture, de priorités… m’a permis de me décentrer pour me recentrer à l’issue de mon séjour et en rentant chez moi.

Le quatrième constat que j’ai fait, c’est que ce voyage m’a apporté finalement beaucoup plus que ce que je pensais. De façon différente et inattendue. De façon marquée mais discrète. De façon inoubliable c’est certain !

Ainsi aujourd’hui, à la suite de ce voyage et des années après, j’aime l’idée du break, du départ loin ou du voyage initiatique. Mais je l’aborde différemment à présent.

La vie même est un voyage initiatique

A nous de trouver les moyens (près ou loin) de faire de ce voyage, une aventure riche et épanouissante. Qu’il faille pour cela partir, ou pas 😉

 

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