J’accompagne régulièrement des femmes sur leur comportement alimentaire. Perte de poids, maintien de poids, rapport obsessionnel à la nourriture, pré/post chirurgie bariatrique, etc. En résumé, nous et la « bouffe », c’est du lourd !

Pour cela, je travaille régulièrement avec des spécialistes (médecin nutritionniste, diététicienne) qui accompagnent la partie technique sur l’équilibre alimentaire. J’interviens pour ma part, en complément sur le rapport même à la nourriture et notamment la part psychologique et émotionnelle « de l’affaire ».

Parmi les pistes que nous travaillons systématiquement, il y a ces deux clés majeures que sont l’écoute de la faim et de la satiété.

Mes clientes concernées n’ont plus tellement la notion de faim et de satiété. Elles mangent par habitude, sans vraiment se demander si elles ont faim et à quelle intensité. Elles mangent leur assiette, sans vraiment se demander si elles ont écouté leur satiété.

Déconstruire ce processus prend du temps. Car certaines ne savent même plus ce que c’est que ressentir leur faim. Ou alors, elles n’aiment pas cette sensation alors elles préfèrent l’éviter.

Dans tous les cas, quelque chose est déréglé. Car n’oublions jamais que notre corps sait. Et qu’il faut lui faire confiance.

Prenons un exemple concernant le sommeil :
Quand vous êtes fatiguée, vous baillez, vos yeux sont lourds, vous vous extirpez du canapé et vous allez vous coucher. De même, en arrivant au bureau à 9h le matin, il ne vous vient pas à l’idée de retourner chez vous à 11h pour vous recoucher et faire une réserve de sommeil au cas où.

Le corps a ses raisons… que nous n’écoutons pas toujours !

Pourquoi ?

En voilà une bonne question.

Manger quand on a faim

La faim signifie que notre corps nous invite avec un plaisir non dissimulé pour les gourmettes d’entre nous, à manger. Car il en a besoin. Il a besoin de carburant. Alors, notre estomac qui nous semble si désagréablement creux, fait des bruits étranges. Nous nous sentons fatigués, irritables, sans énergie. Il est temps d’aller manger.

Si nous ne ressentons jamais cette sensation, c’est que nous n’attendons pas d’avoir faim pour manger. Un peu comme si vous remplissiez un verre d’eau et qu’arriver à ras bord, vous continuez à le remplir. Il n’est jamais vide, il déborde, c’est le chaos sur la table de la cuisine.

Si nous éprouvons cette sensation de faim, la bonne voie est de se demander à quel niveau ; par exemple de 1 à 5 (5 étant une faim de loup enragé). Ainsi, cette évaluation permet d’adapter la quantité de nourriture et surtout de devenir stratège.

Exemple :
Si ma faim n’est pas énorme mais que cette tarte aux pommes maison me semble succulente, j’adapte la portion de mon plat pour me laisser une place pour la tarte.
En d’autres termes, je veille à ce que « le verre ne déborde pas ».

En séance, je partage tout un tas d’astuces pour apprendre à écouter sa faim, sans stress. Et rien n’est plus gratifiant que de voir de belles prises de conscience arriver ensuite.

Avoir envie de manger

Manger sans faim (sans fin ?) relève d’une autre problématique dont la part émotionnelle prédomine. Mais bien souvent, on n’y fait pas attention.

On ouvre le placard et on attaque le paquet de gâteaux , la plaque de chocolat ou encore le sauciflard.

On mange, on mange, on mange. On y retourne.
Puis, on se sent lourde, écœurée et en bonus, coupable…

Votre corps, comme le verre, déborde. Il n’a rien demandé mais doit métaboliser tout un tas d’aliments dont il n’a pas besoin. Alors que fait-il, il stocke pour plus tard. Malin, non ?

Sauf que bien souvent, quand je demande à mes clientes ce qui les poussent à partir à l’assaut du placard, elles répondent :

j’avais besoin de réconfort
je m’ennuyais
je me sentais seule

j’étais contrariée
je me sentais triste
je stressais pour telle ou telle raison
etc.

Bref, comme j’aime à le dire : elles ont mangé leur émotions.

Cela signifie dans ce cas, que le corps n’avait besoin de rien, mais que le cœur, si.

Et bien souvent, on ne prend pas le temps de soigner notre cœur. On lui envoie du sucre ou du gras dont il ne sait pas quoi faire. Et après c’est pire. On a l’estomac over-plein et le cœur dans le même état qu’au début.

Le moyen de dépasser cette alimentation-doudou, c’est de prendre une poignée de secondes pour se demander, la main prête à ouvrir le placard : comment je me sens ?

En décrivant intérieurement ce que l’on ressent, on donne une place à notre émotion. On s’accueille telle que l’on est : peut-être triste, seule, stressée, lassée, etc.
L’étape d’après consistera à trouver une alternative bienfaisante pour apaiser à cet état émotionnel. En séance, nous faisons des listes totalement personnalisées car chacune est différente. Puis, nous testons, réajustons jusqu’à ce que manger réponde prioritairement à la faim et non à une émotion.

Tout comme nous avons le droit (le devoir ?) de manger quand nous avons faim. Nous avons le droit (le devoir ?) de ressentir des émotions. C’est même une chance car nos émotions nous envoient des messages concernant nos besoins.

Pourquoi je vous raconte tout ça ?

Parce que ces observations et réajustements peuvent amener énormément de positif dans notre rapport à la nourriture. Car les obsessions, la peur de « craquer » ou de grossir, la privation de tel ou tel aliment, la frustration, le contrôle permanent… disent quelque chose.

Ce sont des luttes intérieures qui privent du plaisir, de la sérénité, de l’apaisement, d’un rapport amical à son corps… bref, de liberté.

Et ce, pendant des années parfois !

Je vous invite à tester. A essayer de distinguer faim et émotion.
Le risque que vous prenez ? Celui de vous libérer définitivement 🙂

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