Etes-vous du genre à vous lever le matin et à penser très rapidement « aujourd’hui il faut que je fasse ça et ça » ?
Etes-vous du genre à faire des to-do lists qui ne disparaissent jamais complètement ?
En début de soirée, êtes-vous du genre à ne pas être satisfait de votre journée au titre que vous n’avez pas terminé tout ce que vous souhaitiez faire ?
Etes-vous du genre à prononcer le mot « préparer » ou « penser à » 100 fois par jour ?
Etes-vous du genre à dire que « vous ne voyez pas le temps passer » ou que « le week-end est passé trop vite » ?
Etes-vous du genre à savoir ce que vous devez faire avant tel ou tel jour qui approche ?
Etes-vous du genre à aimer que tout soit parfaitement clair, maîtrisé, organisé ?

Si vous avez répondu oui à au moins deux de ces questions, c’est sans doute que vous avez passé un cap et que vous n’êtes plus en mode « anticipation normale » mais en mode « hyper anticipation » ou sur-anticipation » !

Si vous avez répondre oui à toutes les questions, arrêtez tout ce que vous êtes en train de faire et lisez la suite 🙂

Anticiper, oui

Je le dis souvent, nous sommes des êtres d’anticipation. N’oublions jamais d’où nous venons. En l’occurrence, d’hommes et de femmes préhistoriques qui ont eu à chasser ou cueillir de quoi manger, à trouver comment se réchauffer et comment se défendre. Ainsi, la garantie de trouver quoi manger n’était pas assurée. Il fallait marcher des heures ou des jours entiers, prévoir de gérer le partage et les stocks, supporter la faim et l’attente, etc. Il fallait se méfier des animaux sauvages et inventer des armes, du danger du relief, des états du climat et créer de quoi se chauffer ou se rafraichir.

L’anticipation est donc dans nos gènes si je puis dire et nous permet aujourd’hui, de répondre autant que possible, à nos besoins vitaux (et idéalement aux autres). Nous calons une virée au marché ou au supermarché pour faire face à notre faim des jours présent et à venir. Nous préparons les affaires de foot de chouchou pour gagner de temps. Nous travaillons sur notre présentation qui a lieu dans 4 jours. Nous lavons nos vêtements au fur et à mesure. Nous passons à la pompe à essence car nous avons 200 km à faire, etc.

Il n’y a là aucun souci. L’anticipation est à sa place d’outil d’organisation et de bien-être. Elle permet de canaliser le mental, de rassurer et de ne pas être trop surpris. Elle reste alors un garde-fou qui peut être modifiée si besoin. Elle apporte du confort mais n’est pas une obligation. Elle est structurante mais pas écrasante. Elle est l’huile dans les rouages de nos quotidiens. Elle nous aide sans nous obséder. Elle nous permet de profiter de nos journées plus sereinement.

Hyper-anticiper, non !

Lorsque l’anticipation devient carrément un mode de vie, il y a danger. L’anticipation vire peu à peu à l’obsession et à la rigidité. Tout tend alors à être maîtrisé. Tout passe par le filtre du contrôle. Les changements ou les contre-temps deviennent alors sources d’angoisse.

Un autre effet se loge sournoisement dans sa propre capacité à être heureux, à profiter de la vie et à se laisser porter par l’air du temps. Lorsque l’on sur-anticipe tout, on vit dans le futur. On n’est donc absolument pas dans le présent. Cela change notre rapport aux gens et au monde. Par exemple, vous avez invité des amis, vous en êtes au dessert et vos pensées sont dans le débarrassage de la table d’ici dix minutes environ et dans le fait qu’il va falloir aller faire le café, ranger le lave-vaisselle et nettoyer la cuisine. Et ce soir, vider la poubelle et se replonger encore dans le dossier Trukmuche pour assure le coup dans trois jours.

Lorsque l’hyper anticipation fait loi, nous ne sommes nulle part. Nous pensons ainsi nous organiser une belle vie mais en réalité, nous n’en profitons jamais réellement. Nous essayons de prendre le pouvoir sur notre temps, l’organisation de tout et tous et sur notre capacité à agir. Mais cette tendance nous empêche d’être au bon endroit : c’est à dire dans l’instant présent.

Le fait de se poser ces quelques questions ci-dessous peut 1/ nous mettre sur la piste :

Est-ce que je suis sensible aux changements, aux surprises et aux imprévus ?
Puis-je ne pas prévoir une situation et la vivre bien ?
Suis-je sensible au regard des Autres ?
Si je me regarde dans une situation donnée (un dîner, une réunion, une conversation…), suis-je pleinement là ou suis-je ailleurs en pensées ?
Suis-je essentiellement guidé(e) par un besoin important de reconnaissance ?
Suis-en panique lorsque je ne suis pas totalement prêt(e) ou préparé(e) ?

Suis-je globalement extrêmement rigoureux(se) et exigeant(e) ?
Ai-je la sensation de profiter de ma vie, de mes proches, de mon temps libre, de mon cheminement personnel ?

… et 2/ nous permettre peut-être – seul(e) ou accompagné(e) – de repositionner le curseur pour enfin profiter de notre vie en pleine présence et en pleine conscience en apprenant à se lâcher les baskets sereinement 😉

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