Je repensais l’autre jour au fait que personne ne nous apprend à nouer une relation attentive et bienveillante à notre corps.

Les seuls éléments qu’on veut bien nous transmettre tournent autour :

– de l’alimentation (“cinq fruits et légumes par jour” ou encore “évitez les aliments trop sucrés, trop salés, trop gras” ou les compléments alimentaires à chaque saison, à chaque “besoin”)

– de l’activité sportive ou de l’activité tout court (pratiquer un sport, se bouger au quotidien en descendant une station de métro avant, en prenant les escaliers, etc.).

– de l’hygiène (propreté, peau, cheveux, etc).

– de la préservation de notre bonne santé (cf. les messages de prévention tabac, cancer, stress, IST, etc.).

En dehors de cela, on a affaire au champ médical. 

Sauf que pour beaucoup de monde, ces injonctions sociétales (alimentation, sport, hygiène, prévention) sonnent vide. Elles ne touchent pas. Elles ne fonctionnent pas. Elles sont comme des coups d’épée dans l’eau.

Pourquoi ? 

Parce que pour que ces messages résonnent, il faudrait préalablement que nous ayons instauré une vraie écoute et un authentique dialogue avec notre corps. 

Parce que pour que nous nous sentions concernés par notre alimentation, notre dynamisme ou notre tonus ou notre santé, il faudrait que notre dimension corporelle nous soit enseignée. 

Cela peut paraître un peu fou de devoir imaginer qu’il faille à prendre ou réapprendre que nous avons un corps…

Mais depuis tout petit, notre mental est sur-représenté, sur-valorisé et sur-investi par les institutions ou les personnes chargées de notre éducation.

Les rares expériences que l’on voit parfois émerger pour proposer une alternative à ce mouvement, restent marginales et souvent incomprises.

Résultat ?

De plus en plus d’actifs qui bossent 12 heures par jour et qui ne prennent ni le temps de s’hydrater, ni de s’alimenter.

De plus en plus de gens stressés, angoissés, préoccupés qui développent tout un tas de petites ou grosses problématiques.

De plus en plus de gens qui ne savent plus dormir naturellement, se divertir simplement, se détendre, s’amuser, prendre le temps de vivre.

J’y vois le signe que collectivement, nous avons à inventer quelque chose de nouveau. Pour cela, il faudra sans doute des générations ! #jeseraimorteavantsnif

Alors en attendant, individuellement déjà, peut-être pouvons-nous commencer à tisser ce lien ou cette passerelle vers notre corps. Tranquillement, chaque jour, peut-être pouvons-nous ouvrir un espace dans lequel notre corps puisse juste exister pour ce qu’il est (et non pour ce que la société ou notre environnement, nous dit qu’il doit être).

Comment ? 

En nous posant ces 4 questions par exemple 😉

Le matin au réveil :

Comment je me SENS ? 

Question qui semble banale mais se la pose t – on réellement ? Prenons-nous le temps de SENTIR, de RESSENTIR ce qui est là en nous ?

En consacrant 10 secondes à cette question, nous “ouvrons le capot” comme je dis à mes clients. Nous pouvons ainsi observer SANS JUGER surtout comment nous nous vivons.

Quand l’heure du repas approche :

Ai-je faim ? 

Combien d’entre nous passent à table “parce que c’est l’heure, parce qu’il est 12h30 ou parce que c’est la pause” et non parce que nous avons faim ! Ceci est une aberration. Les animaux n’ont pas de montre, pas de smartphone eux. Ils cherchent de la nourriture lorsque leur corps leur envoie les signaux de la faim. Les enfants font la même chose. Ils savent réclamer à manger quand pour eux, le temps de la faim est arrivé.
En essayant nous aussi de restaurer cela, nous nous connectons à notre horloge interne… qui soit dit en passant, n’est pas la même que Pierre, Paul ou Jacqueline. Si au lever, je n’ai pas faim, peut-être puis-je différer ma tartine ou mes céréales de quelques heures et prévoir de quoi satisfaire ma vraie faim lorsqu’elle sera là ?

Quand le repas est en cours :

Suis-je rassasié(e) ?

Combien d’entre nous se servent une belle assiette, la mange, enchaînent avec un “pti dessert” et sortent de table en ayant une sensation de lourdeur ?

La satiété est le signal que notre corps nous envoie pour nous dire “STOP c’est bon, j’ai suffisamment reçu”. Il ne vous viendrait pas à l’idée de verser tout le bidon du liquide vitres dans le réservoir au point qu’il déborde encore et encore ! Eh bien en matière d’écoute de ses sensations corporelles, c’est exactement la même chose. Pour accéder aux signaux de la satiété, il faut les écouter ou plus exactement, il faut prendre le temps de les écouter.
Notre corps a besoin de 20 minutes pour intégrer ce qu’il se passe. A nous de répondre à ce besoin en mangeant plus lentement, en faisant une pause après le plat principal pour laisser à notre corps le temps de nous dire si un dessert est nécessaire ou non, de différer le dessert un peu plus tard, etc.

Le soir au coucher :

Ai-je la sensation d’avoir pleinement écouté mon corps aujourd’hui ? 

L’idée est regarder dans le rétroviseur de notre journée et d’évaluer si nous avons pris le temps d’entendre les signaux de notre corps et d’y répondre de façon adaptée. 

Si par exemple, vous vous sentiez tendu le matin, qu’avez-vous fait pour réduire les tensions ressenties ? Quelle stratégie avez-vous adopté pour vous relâcher ?

Cette exploration permettra de prendre conscience du genre de rapport que nous entretenons avec notre corps. Mais aussi d’éclairer certains besoins émotionnels venant parasiter la lecture des signaux.
Par exemple : Pourquoi n’ai je pas écouté pleinement mon corps ? En réalité, j’étais en colère contre X, je n’ai pas réussi à traverser ce moment de façon constructive et juste pour moi, alors j’ai compensé en outre mangeant au repas de midi.

Je vous invite vraiment à tester cette routine vertueuse durant quelques semaines et d’en faire le bilan. Notez s’il le faut dans un carnet vos réponses aux différentes questions. Vous identifierez ensuite où se logent vos vulnérabilités ou vos pistes de développement personnel 😉

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