J’ai envie d’écrire sur ce processus émotionnel que je vis, comme pas mal d’entre vous également je suppose.

1/ Le déni

Dimanche soir, après un week-end sympa et tranquille, plutôt loin des médias, j’informe mes clients que je peux les recevoir en nous engageant mutuellement à respecter les fameux « gestes barrière » imposés par la pandémie de COVID-19. Je ne ressens pas de peur ni d’appréhension. Je me sens confiante et présente pour mes clients.

Quelques heures plus tard, je réalise que la continuité de mes services en cabinet n’est pas du tout une bonne idée voire une idée totalement irresponsable. Mon cerveau connecte enfin à l’urgente réalité.

J’informe alors mes clients que finalement non, je ferme mes trois lieux d’accompagnement. Un peu sonnée je dois dire.

2/ La sidération (& Co)

La nuit de dimanche à lundi n’est pas des plus sereines. Je commence à métaboliser. Pour de vrai. Le lundi, dès le matin, mon corps me fait mal. Dans mon esprit, pleins de questions tournent mais ce sont surtout mes muscles qui semblent anormalement tendus.

Les infos, les images, les chiffres… tout cela apporte de la confusion à cette sidération qui monte en moi. Que nous arrive t-il ? Comment cela est-il possible ?

Et plus basiquement : quid de mon activité ? Réfléchir et agir au mieux. Dans l’intérêt de tous. Voilà ce que je me dis. Trouver des alternatives pour continuer ce qui m’anime : accompagner et aider, avec mes compétences, les gens qui me le demandent.

Lundi soir, nouvelle étape : le confinement officialisé et la phrase présidentielle martelée à six reprises « nous sommes en guerre« .

L’impression que j’ai ? Que ma conscience monte des marches. Qu’heure après heure, je conscientise. J’entre dans notre nouvelle réalité. Un peu comme des poupées russes.

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3/ Le jour d’après : l’accueil

A partir de mardi, je suis en mode concret. Etre pragmatique et vivre le moment présent au maximum. Mon corps a retrouvé son état habituel, sans tension majeure. Et surtout, je ressens beaucoup de gratitude au fond de mon cœur : nous sommes mon compagnon et nos deux enfants ensemble, nous avons la chance d’avoir un jardin, nous semblons en bonne santé, notre frigo est plein, notre entourage lui aussi va plutôt bien.

Dans cette situation inédite, je ne peux pas m’empêcher de me demander quel sens nous allons donner/trouver à tout ça.

Alors j’accueille chaque instant le coeur ouvert. J’essaie de m’accueillir aussi dans ce truc qui par moment me sert le ventre : des pics de sidération mêlés à de la reconnaissance pour celles et ceux qui travaillent encore ou soignent.

4/ L’adaptation

Puis vient le temps de l’adaptation. Adapter notre quotidien à ce qui est. Adapter ce qui peut l’être. Faire des compromis, des négociations intérieures.

Et avec elle, lâcher ce qu’on ne peut pas contrôler, maîtriser, décider.

« Laisser vivre« . Pas comme si on abandonnait le navire mais plutôt parce qu’on touche à nos limites. Lâcher pour prendre soin de soi. S’occuper de soi au moment présent. Veiller sur l’équilibre imparfait qui doit être cherché. Prendre soin de son entourage d’une façon ou d’une autre. Etre plutôt qu’avoir.

J’accueille aussi dans l’écoute et avec la plus respectueuse compréhension les émotions de mes clients par téléphone ou Skype (prendre RDV par SMS 07 50 99 43 85 en attendant la possibilité de le faire en ligne, svp). Ce virus et ce confinement engendrent beaucoup de peur chez certains d’entre eux, une angoisse légitime de mort aussi parfois. Et cet enfermement dont on ne sait pas vraiment combien de jours il va durer semble déjà difficile.

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Dans ce tumulte, qui trouvera sa trace dans les livres d’histoire d’ici quelques temps, je m’émerveille des immenses ressources de l’être humain. Et je constate aussi, c’est ainsi, que certains cèdent à la peur du manque, à la peur de l’enfermement, à la peur de perdre une liberté dont on renoue enfin avec la valeur.

Chacun dans ce moment va certainement évoluer, identifier un sens. Dans quel état d’esprit étions-nous avant ce confinement ? Qu’est-ce qui occupait nos pensées ? Cette période apporte t-elle quelque chose à cette réflexion ? Permet-elle un décalage ? Un regard différent ? Invalidant ou confortant ? Qu’est-ce qui émerge au fond de nous ? Etc.

L’avenir nous le dira. En attendant, vivons ici et maintenant.

Prenez soin de vous 💖

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2 Comments

  1. Rebeca Vargas

    Merci beaucoup au fond de mon coeur pour partager ce processus emotionnel. Prenez soin de vouz aussi. 💚

    • Dominique Meunier

      J’avais besoin de le partager… Merci de l’avoir réceptionné avec bienveillance 🙂

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