Ça vous le fait à vous ?

Vous allez chez le coiffeur. Vous essayez d’expliquer ce que vous désirez, autrement dit, vous essayez d’expliquer ce à quoi vous souhaitez ressembler.

Entre ce que vous décrivez et ce que la coiffeuse (ou le coiffeur) comprend, il y a parfois un gap. Elle utilise des mots savants qu’elle seule maîtrise : dégradé, effiler, carré boule, cire ou laque, structurant, brillance…

Bref, vive la communication.

Ensuite, vous priez très fort pour que ce gap ne soit pas monumental !

On y va pour un shampoing, re-shampoing ensuite un soin éventuellement, coup de serviette, coup de peigne à dents du bonheur et nous y voilà.

Installation face au miroir, concentration pour tout le monde.

Vous surveillez du coin de l’œil chaque geste et chaque retouche. L’enchaînement semble méthodique. Les mains savent ce qu’elles doivent faire.

Puis à un moment donné, ça s’arrête. Et vu le petit sourire de la coiffeuse, ça semble réussi.

Coup de balai au sol, séchage voire brushing, miroir arrière…

Ça vous plait ?

C’est là que le doute s’installe.

Oui c’est bien.

Voilà la réponse qu’on fait souvent « Oui c’est bien« .

On touche, on secoue nos tifs, on leur fait un petit coucou familier, on constate que c’est plus léger, plus aéré, plus logique.

Mais est-ce que ça nous plait ? C’est « oui » de principe.

On paie, on remercie, on s’en va.

Pourquoi un « oui de principe » ?

Je vais vous le dire.

Déjà en sortant de chez le coiffeur, toutes les vitrines deviennent des miroirs géants.

On se regarde. On jette des coups d’oeil sur ces surfaces qui nous reflètent, pour juste vérifier.

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Vas-y fais voir !

On marche, on regarde.

On marche, on touche, on regarde.

On monte dans la voiture mais avant ça on se regarde sur la vitre conducteur, on s’assied et on se regarde dans le rétro intérieur. Enfin.

Car lui, il nous connait.

Ou plutôt on se connait dans son regard.

On jauge. Le curseur de la satisfaction monte un peu.

Pas mal.

On démarre, on roule.

On jette des petites œillades au rétro juste pour voir.

Mais le mieux c’est quand même quand on arrive chez nous.

Le vrai moyen de savoir si « ça nous plait », je ne sais si ça vous le fait à vous mais moi : c’est mon miroir de salle de bains.

MON miroir.
Celui qui voit ma tête tous les jours !

MON miroir, celui dans lequel je me reconnais.

Pas celui du coiffeur.

Le mien.

Là, j’accède à la vérité. En tout cas, à ma vérité.

Mon reflet dans ce miroir est ma réalité vraie.

Et souvent, j’envisage de me relaver les cheveux pour les coiffer comme MOI j’aime. Car là, ils sont trop comme ci ou pas assez comme ça.

Tout ça pour dire quoi ? (Merci si vous avez lu jusque là)

Que nous sommes des êtres d’appropriation.

S’approprier. Faire sien(ne).

S’approprier sa nouvelle tête en se regardant non pas dans le miroir de chez le coiffeur, mais dans celui de sa propre voiture ou de sa propre salle de bains.

Je trouve ça génial. Je trouve fascinant ce besoin d’un contexte familier pour accéder à une évaluation juste pour nous-même.

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Ça me fait la même chose avec les vêtements que j’achète. Si le miroir de la boutique a permis une pré-validation, MON miroir finalise le tout.

Un miroir reste un miroir pourrait-on se dire !

Ben non. Apparemment c’est beaucoup plus subtil que ça.

Suis-je seule à fonctionner ainsi ? Ça vous le fait à vous ? Racontez moi vos histoires d’appropriation, j’adore !

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