La réponse est double.

Non, nos parents ne sont pas des gens comme les autres

La preuve, ils prennent une place monumentale (effective ou non) dans tous nos questionnements, beaucoup de nos décisions et autres choix. Ils prennent cette place parce que nous la leur donnons. Ainsi, il s’avère que nous avons besoin de leur approbation, de leur autorisation et de leur reconnaissance face à ce que nous mettons en œuvre.

Ou alors ils prennent cette place parce que nous n’avons pas eu cette reconnaissance lorsque nous étions enfant et qu’aujourd’hui, tout ce que nous entreprenons nécessite une validation parentale même symbolique.

Mon Boss va-t-il me féliciter pour mon travail ? Comme j’aurais aimé que papa le fasse…

Alors nous hésitons, nous ne savons pas si c’est la bonne direction ou non, nous prenons les avis de Pierre, Paul et Jacques, nous réfléchissons,… Et au fond de nous, nous rêvons d’un regard maternel ou paternel qui nous dise que ce que nous faisons est bien, est bon, est parfait, est juste, est chouette.

Nos parents ne sont pas des gens comme les autres parce que nous passons notre temps à essayer de « ne pas finir » comme eux. A nous positionner à l’opposé, à l’inverse, aux antipodes. Nous voulons éviter le copier-coller tant redouté. Nous mettons toute notre énergie à faire autrement.

Nos parents ne sont pas des gens comme tout le monde parce que ce sont nos parents. Ils nous ont donné la vie. Et inconsciemment nous nous sentons en dette. Alors il nous est parfois difficile de faire des choix qu’ils ne comprennent pas, de faire malgré leur désapprobation. Ce lien de sang est comme un chewing-gum sous la chaussure. Il est là tout le temps et il nous colle.

Nos parents ne sont pas des gens comme tout le monde parce que même si nous prenons nos distances parfois, ils ont marqué notre vie. Nous n’aurons jamais le même rapport avec personne d’autre. Bon ou mauvais, le lien est là. Dans notre sang. Nous oblige-t-il à aimer nos parents ? Vaste question… dont je parle tellement souvent avec mes clients. Le jour où nous comprenons que « non », tout change. Amour et respect sont deux choses différentes. L’amour ne se décrète pas. Il se construit et se nourrit d’attentions… et de respect.


Oui, nos parents sont des gens comme tout le monde

Ils sont humains. Ils ont été des bébés, des enfants, des ados. Ils sont les enfants d’autres, qui sont leurs parents et qui sont aussi des enfants pour ceux qui les ont mis au monde. Ils n’ont pas eu de mode d’emploi le jour où ils ont été parents. Ils ont fait comme ils ont pu, avec ce qu’ils avaient reçu (ou non reçu). Ils ont fait avec leur histoire, leurs souffrances, leurs croyances, leurs valeurs, leur bonheur et leur mal-être, leurs déceptions et leurs joies, leurs priorités et leurs doutes…

Nos parents sont des gens comme tout le monde car ils sont ou ont été des êtres d’émotions, de communication, d’échanges, de pensée. Ils ont fait des choix. Des bons, des moins bons. Ils ont construit, déconstruit ou reconstruit ce qu’ils ont estimé être positif pour eux-mêmes.

Ils ne sont pas parfaits (cela n’existe pas). Ils en sont pas idéaux (cela n’existe pas). Ce sont des gens qui bricolent leur vie comme tout le monde le fait.

Ainsi, apprendre à regarder ses parents tels qu’ils sont, c’est-à-dire, avec un regard juste (qui n’idéalise pas, qui ne les rend pas omnipotents, qui ne leur donne pas tout pouvoir ou au contraire qui ne les respecte pas, qui les dévalorise, qui hurle sa colère)… aide grandement.

Un regard d’humain à humain. Qui a fait ce qu’il a pu. Et dont on peut s’inspirer mais aussi, se distancier, sereinement.

Un regard d’adulte surtout, qui décide pour lui-même. Qui n’attend rien et qui fait avec (et aussi, sans).

Un regard apaisé, serein et confiant en lui-même. Assuré de ses potentiels et de ses ressources.

Enfin, un regard qui apprend à pardonner les manquements, les absences, les excès, les négligences, les silences… Pour s’autoriser lui-même à tracer son chemin, celui que l’on choisit réellement, pas celui que l’on prend pour faire plaisir ou pour coller au désir d’autres…

Nos parents sont tout et rien. Sont formidables et limités. Sont présents ou non. Sont bienveillants ou non.

Mais, en réalité, nous sommes comme eux…

 

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