La tempête Nils a coupé l’électricité pendant six jours par chez moi.
Situation évidemment non choisie. Encore moins « anticipée ». Juste imposée.
D’abord le moment présent
Au début, on gère. Organisation rapide, bougies, couvertures, système D. Comme beaucoup de monde, on a ce réflexe : tenir, assurer, trouver des solutions. Etre créatif finalement. On en rigole pensant que dans 2h, c’est terminé.
Mais quand la nuit tombe à 18h30 et que tout s’assombrit jusqu’au noir total, quelque chose se passe.
Le silence est différent.
L’absence de lumière aussi.
Et l’impossibilité de “faire comme d’habitude à cette heure-là” vient titiller.
Plus d’eau chaude immédiate. Se laver devient une petite expédition. Chauffer de l’eau (merci ma gazinière), patienter, optimiser chaque geste. Lancer une lessive ? Impossible. Recharger les appareils ? Non plus.
Les constats qui sautent aux yeux
Dans ces circonstances, chaque tâche prend du temps. Beaucoup plus de temps…
Et là, jour après jour, une prise de conscience émerge : nos grands-mères vivaient comme ça !
Lire à la bougie. Chauffer l’eau à la main. Laver le linge sans machine. Cuisiner en optimisant au maximum.
Leur quotidien demandait une énergie considérable quand on y pense !
Aujourd’hui, c’est certain : nous avons gagné un confort immense. L’électricité ne fait pas que produire de la lumière, elle libère des heures en allégeant la charge mentale. Elle raccourcit les fameuses « corvées ».
Et pourtant… combien d’entre nous se sentent encore débordées ?
Épuisées.
Sous pression. Des to-do list plein la tête.
En train de tout porter, tout le temps.
Cette coupure m’a confrontée à quelque chose d’inattendu : quand le confort disparaît, on mesure ce qu’il soutient. Et quand il revient… on ressent une vague de gratitude presque surprenante.
Puiser avant tout en soi
Le moment où la lumière s’est rallumée a été simple et puissant. Pas spectaculaire. Juste un interrupteur. Mais derrière ce geste banal, il y avait la possibilité de souffler un peu plus vite, de simplifier un peu le quotidien et de retrouver les repères habituels, vecteurs de sécurité.
Ce que cette expérience m’a appris peut se résumer à cette phrase : on oublie souvent ce qui nous soutient.
Et aussi… nos propres ressources.
Parce que dans le noir, sans solutions immédiates, j’ai du immanquablement, m’adapter. Ne pas paniquer. Rester stable malgré la situation. Trouver d’autres solutions pour être moins mal voire être bien.
J’ai quand même pu aller souffler ailleurs quelque fois, ressentant puissance 10 le véritable réconfort des proches et la chaleur des lieux.
Alors j’ai envie de dire à celles (et ceux) qui traversent des périodes instables, des relations qui fragilisent, des moments où la confiance vacille… ces expériences imprévues peuvent devenir des révélateurs. Pas tout de suite c’est vrai car elles dérangent. Elles fatiguent. Mais elles montrent aussi notre solidité.
Parfois, il faut qu’une tempête coupe le courant pour nous rappeler à la fois la valeur du confort… et la force qui existe déjà en nous.


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