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Fatiguées de tenir

Mots clés : évolution | transition
transition, thérapie, femmes

Il existe des périodes dans nos vies où tout semble étrange, ralenti, suspendu. Nous ne sommes plus vraiment dans notre ancienne vie… mais nous ne sommes pas encore totalement dans la nouvelle.

C’est ce qu’on appelle la liminalité.

Le mot vient du latin limen, qui signifie “seuil”. C’est cet entre-deux inconfortable où quelque chose en nous a déjà changé, alors que le réel tarde encore à suivre.

Cela peut arriver après :

  • une séparation ;
  • un divorce ;
  • un burn-out ;
  • un déménagement ;
  • une reconversion ;
  • une transformation intérieure profonde.

Extérieurement, nous avons parfois l’impression que “rien n’avance”. Pourtant, intérieurement, tout est déjà en train de se réorganiser.

Et pour les femmes qui se sont longtemps hyper-adaptées, cette période peut être particulièrement éprouvante.

Parce que nous avons appris à :

  • tenir ;
  • gérer ;
  • porter ;
  • anticiper ;
  • rassurer ;
  • maintenir l’équilibre pour tout le monde, l’harmonie autour de nous.

Alors même quand une relation est terminée émotionnellement, même quand nous savons ce que nous voulons, il reste souvent une charge invisible : les procédures, l’organisation, les responsabilités, les attentes des autres… et cette sensation de ne pas pouvoir fermer complètement la porte.

La liminalité crée souvent :

  • de la fatigue psychique ;
  • une impression de tourner en rond ;
  • une lassitude profonde ;
  • parfois même une perte de motivation généralisée.

Non pas parce que nous reculons. Mais parce qu’une partie de nous est déjà ailleurs.

Dans ces périodes, nous faisons souvent une erreur : croire que nous sommes “bloquées”. En réalité, nous sommes parfois simplement sur un seuil.

Et un seuil n’est pas un échec. C’est un passage !

Le problème, c’est que les femmes hyper-adaptées ont tendance à transformer cette traversée en mission supplémentaire :
“tenir encore un peu.”
“gérer jusqu’au bout.”
“rester solides.”

Mais un pilier aussi a besoin de repos psychique.

La liminalité nous invite souvent à autre chose : arrêter de vouloir tout contrôler et apprendre à distinguer ce qui dépend encore de nous… de ce qui ne nous appartient plus.

Petit à petit, l’ancien monde perd son emprise. Une nouvelle manière de vivre, d’aimer et d’exister apparaît.

Même si tout n’est pas encore visible.

Parce qu’au fond, dans ces périodes suspendues, nous ne sommes pas immobiles.

Nous sommes en train de devenir quelqu’un d’autre.

Véritablement.

 

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