Quand le monde pèse trop : comprendre et protéger sa sensibilité
Je ne sais pas pour vous mais en ce qui me concerne, il arrive que ma capacité intérieure soit mise à l’épreuve par ce que je vois, entends et ressens du monde. Et même si j’évite la plupart du temps de regarder les informations, les mots et les images finissent par venir à moi avec leur flot de titres anxiogènes, de vidéos choquantes, de débats stériles et tendus… Vous aussi, vous ressentez ce genre de choses ?
Et le pire ? Même quand nous n’y prêtons pas trop attention, quelque chose s’imprime. Le corps se contracte, la respiration se fait plus courte, l’esprit reste en alerte. Peu à peu, une sorte de fatigue s’installe, comme si l’intérieur n’avait plus vraiment d’espace pour fonctionner.
Comprendre ce qui pèse : quand notre sensibilité absorbe plus qu’elle ne peut
Ce que nous ressentons souvent, ce n’est pas une angoisse précise, mais une atteinte émotionnelle diffuse et inconfortable.
Une sensation d’être trop exposées au monde, comme si notre espace intérieur n’était plus suffisamment étanche.
Quand nous sommes sensibles ou hypersensibles, ce phénomène peut être encore plus intense. Notre système nerveux capte davantage : les tensions collectives, la violence symbolique, l’inquiétude ambiante, parfois même l’impuissance face à ce qui nous dépasse.
Notre corps réagit avant même que nous ayons pu mettre des mots : troubles du sommeil, besoin d’être seule, irritabilité, baisse d’élan, difficulté à nous projeter.
Il ne s’agit pas d’un manque de solidité, mais d’une sensibilité qui reçoit trop, trop intensément ou trop longtemps, sans protection suffisante.
Protéger notre sensibilité : rester en lien avec le monde sans se perdre
Protéger notre sensibilité ne signifie pas se couper du réel. J’ai besoin de savoir bien sûr, ce qu’il se passe dans le monde. Je ne veux pas être dans le déni ou l’évitement à tout prix.
Cela signifie choisir consciemment nos zones d’exposition.
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Développer des stratégies vis à vis ce qui nous atteint
Tous les sujets n’ont pas le même impact sur nous. Les identifier permet de limiter ce qui surcharge inutilement notre système émotionnel. Personnellement, depuis que j’ai des enfants, tous les sujets qui témoignent de violences envers eux, me sont difficiles. Que cela soit dans la réalité ou dans des fictions. Alors, j’essaie de trouver la bonne distance ou la bonne proximité entre restée informée et pouvoir « encaisser » sans me sentir happée. -
Respecter notre seuil personnel
Notre seuil de tolérance n’est ni une faiblesse ni un défaut. Le dépasser en permanence finit toujours par se payer, souvent sous forme d’épuisement ou d’inquiétude permanente. Soyons douces avec nous. C’est OK de ne pas tout supporter. -
Revenir au concret quand l’extérieur oppresse
Quand les infos, les mots ou les images deviennent trop lourds, revenir au tangible apaise : gestes simples, pleine conscience du corps, actions « basiques » mais réelles. Il s’agit de se recentrer sur des choses simples pendant un temps. -
Redéfinir ce que “aller bien” veut dire
Aller bien ne veut pas dire être positives à tout prix. Cela peut simplement vouloir dire être en accord avec ce que nous ressentons, sans nous forcer à porter plus que ce que nous pouvons. Souvent on le sait (avec notre mental) mais on ne se l’autorise pas « pour de vrai ». C’est là notre erreur…
Dans un monde qui pèse parfois trop, apprendre à comprendre et protéger notre sensibilité est un acte de soin intérieur.
C’est choisir de rester ouvertes sans nous laisser envahir, sensibles sans nous épuiser – à « négocier » avec ce qui nous rend profondément vivantes.


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